01. Deux façons de démarrer : ticker réel ou saisie manuelle

Sur la page outil DCF, deux points d'entrée sont possibles.

Rechercher une entreprise — Tapez un ticker ou un nom d'entreprise (ex : AAPL, Apple, MC.PA) dans le champ de recherche en haut du panneau de paramètres. L'outil récupère automatiquement les données financières réelles les plus récentes disponibles et affiche un résumé avant de les appliquer.

Saisir vos propres hypothèses — Vous pouvez tout aussi bien ignorer la recherche et régler chaque paramètre manuellement via les curseurs : FCF de départ, nombre d'actions, dette nette, cours actuel (optionnel), taux de croissance et WACC. Utile pour tester un scénario théorique, une entreprise non couverte, ou simplement pour comprendre la mécanique sans dépendre d'un ticker précis.

Trois scénarios prédéfinis (Conservateur, Modéré, Optimiste) permettent aussi de faire varier rapidement l'ensemble des hypothèses de croissance et de WACC en un clic, pour encadrer une fourchette de valeur plutôt qu'un chiffre unique.

02. Ce qui est pré-rempli automatiquement, et d'où ça vient

Quand vous recherchez un ticker, l'outil interroge Financial Modeling Prep (FMP), notre fournisseur de données financières, et pré-remplit quatre champs :

  • FCF actuel — Free Cash Flow sur les douze derniers mois glissants (TTM), calculé à partir des états financiers publiés par l'entreprise.
  • Actions en circulation — nombre d'actions diluées moyen pondéré (TTM).
  • Dette nette — dette financière totale moins trésorerie disponible, à partir du dernier bilan publié.
  • Cours actuel — dernier prix de marché connu, utilisé pour calculer votre marge de sécurité.

L'outil suggère également un taux de croissance de départ basé sur le taux de croissance annuel composé (TCAC) du FCF observé sur les derniers exercices, et calcule un WACC cohérent avec l'entreprise par la méthode CAPM (détaillée plus bas) — une suggestion à chaque fois, jamais une valeur imposée.

Chaque chiffre affiche sa source
Sous chaque curseur pré-rempli, une petite légende 📎 précise d'où vient exactement la valeur (ex. « Free cash flow, dernier exercice annuel — FMP » ou « Bêta 5 ans vs S&P 500 — Financial Modeling Prep »). Dès que vous modifiez le curseur à la main, cette légende disparaît — rien n'est figé, chaque champ reste modifiable comme n'importe quelle hypothèse manuelle.
Que faire si une donnée manque ? Pour certains tickers (données incomplètes, société trop récemment cotée, spécificités comptables locales, ou quota temporaire du fournisseur de données atteint), un champ peut ne pas être disponible : il s'affiche alors avec un tiret « — » dans le résumé de recherche, et le curseur correspondant reste marqué d'un ⚠ après application plutôt que d'être rempli silencieusement par un chiffre inventé. C'est à vous de le renseigner manuellement avant de lancer le calcul, pour obtenir un résultat fiable.

03. Un modèle à deux phases sur une forecast period de 5 à 10 ans

Un curseur dédié vous laisse choisir la durée de la forecast period, entre 5 et 10 ans. Le FCF est projeté sur cette durée, découpée en deux phases :

  • Phase 1 (années 1 à 5, ou jusqu'à la fin de la période si elle dure moins de 5 ans) — un taux de croissance que vous définissez, généralement plus proche du rythme actuel de l'entreprise (voire suggéré automatiquement à partir de l'historique du FCF).
  • Phase 2 (années suivantes, si la période dépasse 5 ans) — un second taux de croissance, en principe plus modéré, qui fait la transition vers la croissance terminale.

Un troisième curseur fixe ensuite la croissance terminale (perpétuité), utilisée pour la valeur terminale au-delà de la dernière année projetée.

Pourquoi découper en deux phases plutôt qu'un taux constant, et pourquoi pouvoir raccourcir l'horizon ? Parce qu'une entreprise qui croît de 25 % par an ne maintient presque jamais ce rythme pendant une décennie entière — la croissance ralentit mécaniquement à mesure que la base de chiffre d'affaires grossit — et parce qu'une entreprise dans un secteur très cyclique ou peu visible au-delà de 5 ans peut justifier une forecast period plus courte, quitte à faire porter davantage de poids à la valeur terminale. Un modèle à deux phases capture ce ralentissement progressif de façon plus réaliste qu'un taux unique appliqué sur toute la période, comme expliqué dans notre guide général sur le DCF.

Le curseur de croissance terminale est automatiquement plafonné en dessous du WACC (et inversement) — l'outil vous empêche techniquement de saisir la combinaison mathématiquement absurde décrite dans ce même guide.

04. Le WACC : calculé par CAPM pour l'entreprise choisie, avec ses sources — et toujours modifiable

Quand vous recherchez une entreprise, l'outil calcule automatiquement un WACC cohérent avec elle, par la méthode CAPM (Capital Asset Pricing Model) :

  1. Coût des capitaux propres = Taux sans risque + Bêta réel de l'entreprise × Prime de risque actions. Le bêta vient du profil FMP de l'entreprise ; le taux sans risque est le rendement des obligations d'État américaines à 10 ans (source FRED, avec une valeur de repère si cette source n'est pas disponible) ; la prime de risque actions est une valeur de référence académique standard (A. Damodaran, NYU Stern).
  2. Coût de la dette après impôt = charge d'intérêts ÷ dette totale (données FMP), ajusté du taux d'imposition effectif de l'entreprise.
  3. Pondération par la structure financière réelle : part de capitaux propres (capitalisation boursière) vs part de dette (dette totale au dernier bilan).

Chaque étape de ce calcul est visible avec sa source exacte dans l'onglet « WACC détaillé » du panneau de résultats — vous n'avez jamais à prendre le chiffre final les yeux fermés.

En saisie manuelle (sans rechercher d'entreprise), aucun bêta réel n'est disponible : le curseur démarre à une valeur générique et s'ajuste avec les repères indicatifs affichés juste en dessous :

WACC indicatifType d'entreprise
8 – 10 %Blue chips, consommation stable
10 – 13 %Tech, croissance modérée
13 – 16 %Petites capitalisations, secteurs plus risqués
Toujours modifiable
Que le WACC vienne du calcul CAPM automatique ou d'un repère générique, il reste un simple point de départ sur le curseur : vous pouvez l'ajuster librement selon votre propre lecture du risque — c'est justement le paramètre le plus subjectif et le plus disputé d'un DCF, deux analystes sérieux pouvant légitimement retenir des valeurs différentes pour la même entreprise.

05. Comment la valeur terminale et la valeur d'entreprise sont calculées

Une fois le FCF, la forecast period, les deux taux de croissance et le WACC définis, l'outil applique exactement la méthode décrite dans notre guide général sur le DCF, et récapitule chaque étape avec vos propres chiffres dans l'onglet « Étapes du DCF » :

  1. Chaque FCF annuel, sur toute la forecast period choisie, est projeté selon la phase correspondante, puis actualisé au WACC.
  2. La valeur terminale, à la dernière année de la période, est calculée par la méthode de la croissance perpétuelle : VT = FCF de la dernière année × (1 + g) ÷ (WACC − g).
  3. La valeur terminale est elle-même actualisée à sa valeur d'aujourd'hui.
  4. La somme des FCF actualisés et de la valeur terminale actualisée donne la valeur d'entreprise (EV).
  5. La dette nette est soustraite pour obtenir la valeur des capitaux propres, divisée par le nombre d'actions pour la valeur intrinsèque par action.

Tout cela est recalculé instantanément à chaque mouvement de curseur — aucun rechargement de page, aucun délai.

06. Comment lire les résultats affichés

Le panneau de résultats affiche plusieurs blocs complémentaires :

La bande de métriques clés — quatre chiffres : la valeur intrinsèque par action, la marge de sécurité (si vous avez renseigné le cours actuel), la valeur d'entreprise totale, et la part de cette valeur issue de la valeur terminale (avec un avertissement visuel au-delà de 70 %).

La barre de décomposition — une barre horizontale à deux segments qui visualise en un coup d'œil la proportion de la valeur d'entreprise issue des flux explicites (sur la forecast period choisie) par rapport à la valeur terminale.

L'onglet « Étapes du DCF » — récapitule les 5 étapes du calcul (projection, FCF annuel, valeur terminale, actualisation, somme) avec vos propres chiffres, puis le graphique et le tableau détaillé année par année.

L'onglet « WACC détaillé » — visible dès qu'une entreprise a été recherchée, il déroule le calcul CAPM complet (bêta, taux sans risque, prime de risque, coût de la dette, pondération) avec la source de chaque composant.

Le tableau de sensibilité — une grille croisant plusieurs niveaux de WACC (colonnes) et de croissance phase 1 (lignes) autour de vos hypothèses centrales, chaque cellule affichant la valeur par action correspondante et colorée selon la marge de sécurité qu'elle implique. C'est l'outil le plus utile pour éviter de se fier à un chiffre unique.

Le Monte Carlo simplifié — 1 000 simulations qui font varier aléatoirement la croissance phase 1, la croissance phase 2 et le WACC autour de vos valeurs centrales, pour afficher une distribution de résultats possibles (avec les seuils P10, médiane P50 et P90) plutôt qu'un chiffre isolé. L'outil précise lui-même qu'il s'agit d'une distribution uniforme simplifiée, moins sophistiquée qu'un modèle calibré sur des distributions historiques sectorielles réelles.

Ce que l'outil ne fait pas : ce n'est pas un conseil en investissement, et le résultat dépend entièrement des hypothèses que vous saisissez — un DCF « optimiste » produira toujours une valeur plus élevée qu'un DCF « prudent », sans que cela dise quoi que ce soit sur ce qui va réellement se passer. Croisez toujours le résultat avec d'autres méthodes avant toute décision.

07. Passez à la pratique

La meilleure façon de comprendre un DCF est de manipuler les curseurs soi-même et d'observer comment la valeur change. Recherchez une entreprise que vous suivez, comparez le résultat au cours actuel, puis testez plusieurs scénarios de croissance et de WACC pour voir à quel point la valeur intrinsèque peut varier.

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